Pourquoi la France compte-t'elle si peu de licornes ?

Malgré ses grandes capacités créatives, la France fait figure de petit poucet lorsqu’il s’agit d’en décompter le nombre de licornes - ces fameuses startups valorisées au-delà d’un milliard de dollars

 

 

On peut alors et légitimement se poser la question de l’origine de cette situation…

 

Je vois trois principales raisons à ce constat factuel :

 

1/ Culturelle

Contrairement aux pays qui nous devancent dans ce domaine, nous avons une réticence culturelle à prendre des risques - je grossis volontairement le trait bien sûr - car il ne faut pas généraliser.

Echouer fait partie inhérente du processus d’innovation.

L’échec est donc par exemple naturellement accepté en Amérique du Nord et redouté en France… et ce depuis le plus jeune âge. Ce trait de culture, amplifié par l’éducation familiale et scolaire, génère des peurs qui nous hanteront tant que nous n’aurons pas décidé d’y faire face.

Elles sont présentes dans tous les domaines de l’entreprise, notamment marketing, technique et bien sûr financier.

Aux Etats Unis, lorsqu’on investit dans une très jeune startup on parle de « Venture Capital », il s’agit donc bien d’une aventure. En France, le même acte est nommé « Capital Risque »… Ça en dit long sur notre perception.

Cette différence dans les termes se retrouve bien sûr ensuite dans les comportements.

 

2/ Administrative

La France investit chaque année 10 milliards d’euros de fonds publics dans l’innovation.

La multiplication des dispositifs depuis une vingtaine d'années, dénoncée par France Stratégie en 2016 (1200 rien que pour BPI France !), rend difficile le financement effectif de l’innovation. La complexité du système et la lourdeur des dossiers (montage et délais de traitement) est souvent incompatible avec le rythme biologique des startups. Elles s’en trouvent alors régulièrement pénalisées.

 

3/Politique et fiscale

Notre modèle politique (quinquennat + alternance), couplé aux peurs évoquées ci-dessus, nous empêche de réformer et de prendre des risques mesurés en établissant une stratégie nationale à moyen-long terme comme l’ont fait la plupart des pays qui nous devancent.

Il en va de même en politique qu’en entreprise : sans stratégie, on navigue à vue et l’opportunisme économique prend alors souvent le dessus sur la vision et la quête d’opportunités ambitieuses qui en découle.

La complexité, la lourdeur et l’instabilité fiscale de notre pays inquiètent également les investisseurs privés, tant étrangers que français, c'est en tous cas ce qu'ils nous rapportent depuis plusioeurs années. Ils préfèrent dans ces conditions souvent investir ailleurs qu'en France.

 

 

Pierre Baillot d'Estivaux

 

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